Sunday, 12 June 2016

Aditi Bulletin (French)

Note du rédacteur en chef

La dernière édition traite notamment de la Méthodologie de la Recherche. Plusieurs Groupes de Réflexion sous forme d’organisme de recherche politique mènent différentes types de recherches. Certains se conforment aux méthodologies particulières, certains d’autres développent des méthodologies en rapport avec le sujet de recherche, les autres utilisent des approches aléatoires.  Bien qu’il n’y ait pas de méthodologie(s) de  recherche établie(s) pour un sujet ou un thème, les chercheurs adoptent des méthodes qui conviennent à leur recherche. Afin d’obtenir les résultats désirés les chercheurs optent pour des méthodologies de recherche de manière à s’assurer que la recherche est rémunérée et significative. Comme toujours, nous avons reçu plusieurs  contributions de personnes et d’organismes variés. J’aimerais bien remercier tous les membres du Comité de Rédaction pour leur appui soutenu.


Rédacteur en chef, Aditi

Editorial 



Directeur de Kivu International





La qualité de recherche contribue à renforcer ou à ternir la réputation d’un Groupe de Réflexion.Un Groupe de Réflexion dont le travail est, suite à un examen externe, qualifié bâclé pourra prendre bien longtemps avant qu’il ne puisse rétablir sa crédibilité.

Si la recherche doit être suffisamment solide pour résister à la pression de l’interrogatoire des responsables politiques, du média et d’autres sources, alors il faut évidemment employer des méthodologies de recherche appropriées et robustes.  

Il importe de préciser ici ce qu’on entend par ‘appropriées’ et ‘robustes’ et de les relier à l’environnement dans lequel s’opère le Groupe de Réflexion. Cela veut dire qu’il faut être clair à propos des deux moyens les plus significatifs par lesquels la recherche du Groupe de Réflexion se distingue de ceux des institutions universitaires.

Tout d’abord, pour se montrer influent, les Groupes de Réflexion doivent respecter les délais prescrits par les responsables politiques et les politiciens. Ces délais peuvent être extrêmement serrés et freiner les méthodes de recherche que pourrait adopter un Groupe de Réflexion. Alors qu’un projet de recherche universitaire pourrait durer 5 ans, la durée typique d’un projet d’un Groupe de Réflexion est souvent comprise entre 6 et 12 mois. Sélectionner une méthodologie universitaire au moyen d’essais par contrôle aléatoire ne constitue pas une option alors qu’on dispose de très peu de temps. (Les essais par contrôle aléatoire (RCT) sont en outre très coûteux de sorte que les Groupes de Réflexion ont, d’après notre expérience, rarement les moyens nécessaires pour les payer).

Des contraintes de temps forcent les Groupes de Réflexion à adopter des méthodologies mixtes– le plus souvent la combinaison de l’analyse secondaire de la recherche en cours avec la recherche primaire sélective (telle qu’un sondage ou un travail original quantitatif). Un bon Groupe de Réflexion devra ajouter une valeur considérable en faisant la synthèse et en clarifiant la recherche universitaire, et en l’utilisant pour renseigner les activités de plaidoyer. Equilibrer des diverses sources de méthodes primaires et secondaires de recherche veut dire qu’un Groupe de Réflexion doit être polyvalent.

Deuxièmement, les Groupes de Réflexion tentent principalement d’influencer les politiques. Cela comporte des conséquences importantes pour les méthodologies de recherche. Dans la pratique, cela revient à accorder plus de poids aux méthodes qui permettent de résoudre des problèmes et non pas à les analyser. Cela veut dire qu’il faut être en mesure d’évaluer les coûts des politiques stratégiques que vous proposez– et de montrer comment elles seront payées lorsque les ressources sont limitées. C’est aussi pouvoir mener une analyse de répartition, déterminer quels seront les “gagnants” et les “perdants” du changement de politique auquel vous incitez. La recherche comparative est également importante de façon à pouvoir aider à désigner et à adapter les politiques qui ont démontré la possibilité de s’attaquer au problème auquel fait face votre propre pays.

Bien évidemment les Groupes de Réflexion diffèrent considérablement en termes de taille, de ressource et de niveau de compétences du personnel– ils ne se limitent pas à exercer une influence sur les débats politiques à court terme. Un bon Groupe de Réflexion aura souvent à jongler un amalgame de projets en recourant à une vaste panoplie de méthodologies: certains répondent à ‘ici et maintenant’, et d’autres tentent d’anticiper l’avenir en s’inscrivant dans une perspective à plus long terme.

Finalement, les méthodes de recherche du Groupe de Réflexion doivent être jugées selon les normes qui reflètent la réalité de l’environnement dans lequel elles évoluent. Le test ne doit pas être une pureté méthodologique juste pour le plaisir de le faire. Par contre, les Groupes de Réflexion doivent se demander si leur recherche est pertinente? Les méthodes de recherche sont-elles conçues de façon à nous aider à comprendre – et à franchir les barrières pour amener un changement d’une problématique? Ont-elles un bon sens politique – c’est-à-dire, est-ce que les recommandations ont une chance d’être mise en œuvre?

Friday, 10 June 2016

French Article - Enrique Mendizabal

Les Méthodes de recherche pour faire une étude sur les Groupes de Réflexion



Note de la rédaction: Cet article a été rédigé par Marcos Gonzalez Hernando et Jordan Tchilingirian avec les contributions d’Enrique Mendizabal et d’Andrea Ordoñez. Il intègre les avis et les suggestions de ceux présents à l’occasion du pré-lancement de la Première Conférence En ligne sur les Méthodes de recherche pour faire une étude sur les Groupes de Réflexion ainsi que sur les participants en ligne.

Cet article a servi d’un document de discussion pour une série de webinaires en vue de faire une étude sur les Groupes de Réflexion. Elle est structurée de la même façon que l’événement de pré-lancement et comprend quelques déclarations de la part des organisateurs et une compilation des avis des participants. Richard Darlington, Rosie Clayton, Brendan Martin, et AlyaaEbbiary se sont joints à nous à l’événement et leurs avis ont été intégrés dans la discussion.

L’événement a abordé diverses questions pertinentes et l’une des questions clés était quelles sont les méthodes utilisées pour les étudier?

Des différentes méthodes ont été explorées pour faire l’étude sur les Groupes de Réflexion. Cela constitue l’objet des séries des webinaires qui se déroulent de septembre à novembre. Des différentes méthodes sont utiles aux différentes situations et questions. La liste n’est pas exhaustive mais nous espérons qu’elles déboucheront sur une source utile d’idées pour les chercheurs du Groupe de Réflexion:

• Par type de données
• Qualitative: entretiens, ethnographie, analyse des documents (analyse du discours /théorie du terrain)
• Quantitative: enquêtes, SNA, analyse du contenu, analyse bibliométrique, Média social et les gros fichiers.
• Méthodes Mixtes: y compris les études de cas et les études d’épisodes.
• Cadre temporel: Historique, Instantané
• Contexte: National, Multinational, Institutionnel, Réseau, Aile politique, Domaine des politiques
• Unité d’analyse: Institution, Chercheur, Rapport de la politique, Idée politique, Tweet, Présence du Média
• Question de la Recherche: Impact, capacité de recherche, réseaux, structure institutionnelle et changement.

Références Intéressantes 
#TTmethods – Session 1: Case studies, qualitative methods and diachronic perspectives: Cette session explore une démarche d’étude des groupes de réflexion qui repose sur une série de méthodes qualitatives – y compris les entretiens, l’ethnographie, l’analyse des documents– afin de comprendre ces organisations d’une perspective plus poussée.

#TTmethods – Session 2: Researching think-tanks with social network analysis: Cette session examinera comment l’analyse des réseaux sociaux (SNA) peut être appliquée au monde politique et à la recherche de la politique publique.

#TTmethods – Session 3: Quantitative Survey Analysis: Cette session explore une approche d’étude pour faire une étude sur les groupes de réflexion  qui reposent sur les méthodes quantitatives – à savoir l’analyse d’enquête afin de comprendre ces organismes de manière à admettre des généralisations.

Pour plus de ressources et documentations visitez: Methods for Researching Think Tanks

Case Study

Utilisation des méthodologies de recherche pour étudier l’évaluation de l’impact d’un Groupe de Réflexion en Amérique latine



Lorena Alcazar Valdivia
Directeur de Recherche chez GRADE





Miguel Jaramillo
Directeur Exécutif et Chercheur Principal chez GRADE


L’étude s’est fondée sur la recherche d’informations qualitatives et quantitatives utilisées de manière équilibrée. La méthodologie impliquait:

• Génération d’une base de données d’informations
• Recueil d’informations du sondage
• Exécution d’un sondage
• Organisation d’un atelier
• Organisation des entretiens approfondis

Pour de plus amples informations sur cette étude et les résultats veuillez lire:

Etude de cas - Shrimoyee

Avantage des méthodes pragmatiques de recherche: Cas d’étude sur les villes intelligentes par CSTEP



Shrimoyee Bhattacharya
Chercheur scientifique principal, CSTEP



Contexte
L’annonce par le Gouvernement de l’Inde de la Mission des Villes Intelligentes en 2014 a donné lieu à d’intenses discussions s’adressant aux experts et au grand public. Le but de recherche de CSTEP visait à assurer la clarté concernant ce qu’est une ville intelligente et quelle est le niveau de connaissance disponible à l’échelle mondiale pour soutenir le développement des villes intelligentes, si ou comment cela peut être aligné au programme national plus étendu de développement de l’Inde et comment un tel modèle de développement urbain peut être conçu d’une manière efficace basé sur des principes de durabilité.

Le problème politique 
Il existe un manque de connaissance considérable concernant la définition et le concept des villes intelligentes dont les normes et le régime règlementaire manquent de maturité, et de preuve de réussite des modèles des villes intelligentes au niveau mondial. Les discussions dans le contexte indien ont déclenché des positions bien arrêtées parmi les experts, en soulevant la question si un tel modèle de développement de la ville axé sur la technologie doit être adopté par l’Inde qui pourrait créer des tendances de développement exclusives. De ce fait, il y a à la fois l’incertitude de la connaissance et le manque d’entente sur les valeurs des villes intelligentes, ce qui l’a rendu un problème “non structuré” (Politiques et Idées, “Réalisation des travaux de recherche axés sur les politiques – réponse aux problèmes politiques”, Module 4, 2015-16).

Méthodologie employée
L’objectif plus vaste de cette étude consistait à évaluer l’étendue de l’incertitude de la connaissance concernant le concept des villes intelligentes et ainsi évaluer l’écosystème en cours du développement urbain en Inde pour sa disposition au concept des villes intelligentes. La méthodologie adoptée pour l’étude consistait ainsi des jalons majeurs pour répondre à ces objectifs.  L’étude comprenait une revue exclusive de documents tirés des discours théoriques et pratiques, ainsi que des interactions avec des experts et des parties prenantes concernées. Des méthodes quantitatives et qualitatives ont été déployées étant donné qu’il s’agit là d’un moyen pragmatique d’analyse des problématiques urbaines. Interagir avec les parties prenantes était une source importante de compréhension des réalités subtiles qui améliorait considérablement la perception issue des documentations secondaires.  

Réalisation et Résultat
Le résultat immédiat de la recherche était un jeu de critères de sélection des villes sous l’égide de la mission gouvernementale, et un cadre de référence du développement urbain intelligent en Inde basé sur les principes de développement durable. Les interventions axées sur le processus à l’avant-garde des recommandations de la recherche ont été développées afin de permettre au niveau de la ville un système de prise de décision responsable et robuste. En outre, une vaste quantité de documentations consultées aux fins de la recherche a également permis la création d’un ‘’Recueil de ressources’’ pour les villes intelligentes du monde entier. Un effet plus large comprenait l’amélioration de la connaissance afin de créer l’espace nécessaire aux discussions mieux informées et à l’identification des problématiques clés pour une phase à long terme qui pourrait influencer sensiblement le succès de la mission.

Apprentissage
Le problème était généralement considéré comme plutôt une problématique technologique par de nombreuses parties prenantes au stade initial de la recherche. Cette perception a évolué au fur et à mesure que les chercheurs ont commencé à apprendre à pénétrer les genres de problèmes associés aux villes intelligentes. Alors que cela a conduit aux changements dans l’étendue de la recherche à un stade ultérieur, adopter une méthode de recherche pragmatique a permis d’intégrer de tels changements dans la conception de la recherche. De ce fait, la recherche était capable d’identifier ‘la gouvernance de la ville’ comme une zone clé attirant l’attention et la technologie comme le fer de lance dans la Mission des Villes Intelligentes. 
Pour de plus amples lectures sur le travail de CSTEP sur les villes intelligentes visitez: 

Cross-Postage

Création des conceptions de recherche innovatrices: L’étude de cas du Groupe de Réflexion méthodologique de 10 ans

 
 Katerndahl, David A
  Professeur à l’Université de Texas Health Science Center de San Antonio, Family & Community Medicine,  San Antonio, TX


Résumé


OBJECTIF:
Aborder les questions de recherche importantes mais complexes nécessitent souvent la création des conceptions de méthodes mixtes et innovatrices. Ce rapport décrit une approche en vue de développer des conceptions de recherche pour étudier les questions de recherche importantes mais stimulantes méthodologiquement.

MÉTHODES:
Le Groupe de Réflexion méthodologique s’est tenu annuellement depuis 1994 en liaison avec la Conférence sur les méthodes de recherche des soins primaires et statistiques à San Antonio. Un groupe de 3 à 4 méthodologues avec l’expertise équilibrée entre les contextes quantitatifs et qualitatifs ont été invités par les coordinateurs du Groupe de Réflexion  à participer à un Groupe de Réflexion de deux jours afin de discuter d’une question de recherche sélectionnée parmi celles soumises en réponse d’appel à propositions. Durant la première moitié de la journée, ces experts explorent le domaine de contenu avec l’enquêteur, souvent des croyances et suppositions difficiles. Durant la deuxième moitié de la journée, les participants du Groupe de Réflexion élaguent systématiquement les approches potentielles jusqu’à ce qu’une recherche de méthode souhaitable soit déterminée.

CONCLUSION:
Les services des chercheurs et universitaires peuvent utiliser localement ce processus afin de développer des conceptions de recherche innovatrices.

.https://www.researchgate.net/publication/6791712_Creating_Innovative_Research_Designs_The_10-Year_Methodological_Think_Tank_Case_Study

Case study - Sujatha Byravan

Etude de cas périurbain



Sujatha Byravan
Chercheuse scientifique principale, CSTEP



CSTEP mène un projet de recherche qui examine les changements dynamiques en cours dans les zones périurbaines en Inde. Les deux géographies comprennent, Doddaballapur et Sriperambudur, qui se trouvent respectivement à la périphérie des villes de Bangalore et de Chennai. De telles zones périurbaines sont des zones de transition entre les zones urbanisées et l’arrière-pays agricole.  Les évolutions dans ces zones sont déclenchées par diverses conditions en fonction du contexte social, économique et politique. De plus, les changements mondiaux environnementaux y compris le changement climatique transforment également ces zones.

Le projet de recherche adopte de nombreuses approches /méthodes qui peuvent permettre d’acquérir une compréhension de Doddaballapur. Par exemple, le Système d’Information Géographique (GIS) est employé afin d’apprendre à propos de l’évolution de l’utilisation du sol sur une période de temps, d’analyser les données du recensement afin d’apprendre sur les évolutions socioéconomiques, de mener des enquêtes auprès des ménages afin d’apprendre à propos de l’eau, du système sanitaire, de la pauvreté multidimensionnelle, des femmes et de leur autonomisation. Ces données et outils sont complétés par les méthodes de l’évaluation participative telles que les discussions avec un groupe témoin dans quelques gram panchayats (gouvernements locaux au niveau des villages). Puisque la variabilité et le changement climatique vont affecter principalement la température et les précipitations, la gouvernance dans cette zone périurbaine vis à vis l’eau et le terrain est également à l’étude par CSTEP.


 Après avoir achevé ces analyses, nous entreprendrons un exercice intitulé le développement du scénario participatif. Dans un tel forum, certains membres de la communauté, les décideurs, les leaders locaux et les experts vont prendre en compte les résultats de recherche, les situer dans le contexte du futur que recherche la communauté, leurs défis, et puis y reporter afin de décider ce qu’ils doivent faire aujourd’hui et dans le prochain trimestre pour atteindre leurs objectifs. Par exemple, quels genres de politique sont nécessaires pour s’assurer que tout le monde a accès à l’eau potable? Quels types d’actions sont nécessaires? Au terme de cette recherche, nous espérons avoir une compréhension à de multiples niveaux, au moyen de plusieurs différents types d’approches que nous avons adoptés, de différents aspects de ce taluk (une sous-division d’un district) situé à la périphérie de Bangalore. En outre, nous espérons que ces résultats pourront être utilisés par les décideurs politiques pour mieux comprendre les problèmes et les défis des gens qui y vivent.   

Thoughts from Xufeng

Réflexions de Xufeng



Xufeng
Professeur, Ph.D., Tsinghua University, Chine



Une méthodologie de recherche est sélectionnée en fonction d’un projet. Nous tâchons de comprendre tout d’abord l’énoncé du problème et puis nous sélectionnons une méthodologie appropriée. A mon avis, il n’y existe pas de moyens ni de système particulier d’apprendre la méthodologie de recherche. Issus d’un contexte universitaire, nous dépendons principalement de la lecture des documentations. Je crois également qu’une bonne recherche est axée sur la question et non pas sur la méthode.